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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 20:28

 

Après le succès du cours public sur Hannah Arendt, la Société Alpine de Philosophie propose un second cours public à partir de septembre prochain, sur le thème suivant :

 

"Philosophie et nazisme"

 

Maison des associations, 2 rue Berthe de Boissieux, Grenoble

(entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles)

 

 

Argument général

 

La situation présumée du nazisme aux antipodes de la philosophie fait croire que celle-ci aurait pu être épargnée, continuer imperturbablement sa route, et faire l’économie de son examen de conscience. Il n’en est rien. Compromise avant et pendant les douze ans du troisième Reich, la philosophie est sommée de se demander si elle a su tirer les conséquences de l’épisode. Rien n’est moins sûr.

On se propose donc d’examiner systématiquement en aval de la parenthèse nazie, l’impact du national socialisme sur la philosophie, telle qu’elle s’est prononcée, ou telle qu’elle ne l’a pas fait. Cinq étapes seront nécessaires.

 

Première séance : Nazisme et philosophie morale. Mercredi 10 septembre - 19h

 

Les grands concepts éthiques sont-ils à reformuler ? Une fois échappé au piège du moralisme, après s’être recalé sur ce que pourrait être un bon usage du blâme, on se demandera si l’appui des doctrines classiques du mal est suffisant, y compris après les mises au jour de Hannah Arendt. Que doit s’interdire une éthique post nazie ? Doit-on prendre appui sur des concepts nouveaux et quels peuvent ils être ?

 

Deuxième séance : Nazisme et philosophie de la particularité. Lundi 29 septembre - 19h

 

Au croisement entre la métaphysique la plus pure, qui examine le statut du « quelques »  et le travail sociologique, le nazisme pose la question de la particularité, affirmée avec force et - comme on verra -, non sans contradiction. Ce qui nous renvoie à la question de savoir si la philosophie sait traiter de la particularité – chacun voit que le problème est très actuel -, et si des solutions nouvelles sont à repérer, étant entendu que les grandes réponses de Hegel sont oubliées. Que répond la sociologie ? Qu’est ce qu’un peuple ? Comment gérer les rapports entre particularités ? N’est-ce pas un manque de savoir faire à ce niveau qui engendre la haine ?

 

Troisième séance : Nazisme et philosophie de l’histoire. Vendredi 7 novembre - 19h

 

On ne peut se contenter des incantations « plus jamais ça ! » ou « pratiquons le devoir de mémoire ! », dont on sait qu’ils sont inopérants. Mais on ne peut non plus sombres dans les « mythistoires » qui ont fait tant de ravages. Le nazisme contraint à reposer toutes les questions : quelle est la place de la contingence, ce dont on vient est-il en rapport avec ce où nous allons ?

On soutiendra, paradoxalement, mais dans un sillage comtien, que c’est rapportée à la sociologie que l’histoire trouve son intelligibilité.

 

Quatrième séance : La philosophie politique à l’épreuve du nazisme. Lundi 24 novembre - 19h

 

Pour cette séance qui pourrait nous occuper des mois durant, on mettra patiemment en question le passe partout incantatoire qu’est le totalitarisme, insuffisant à situer le nazisme dans la typologie des régimes politiques, et on s’interrogera sur la juste place du pouvoir. Faut il un pouvoir fort, dans quel jeu avec la démocratie souhaitée par tous, alors que partout règne sa caricature : l’ochlocratie ?

 

Cinquième séance : Nazisme et métapsychologie. Samedi 6 décembre - 14h

 

La psychanalyse n’est pas restée muette sur la question nazie, et ce de façon très différente à la première, la seconde et la troisième génération.

Si les « psychanalyses » de Hitler ou de Himmler laissent sceptiques, certains outils sont acérés pour faire comprendre le phénomène nazi : foule, identification à l’agresseur, passage à l’acte, autoritarisme, processus primaire… Mais c’est surtout dans une toute dernière actualité, qu’on tentera de montrer que les outils lacaniens ont aussi leur fécondité spécifique.

 

Présentation de l’enseignant :

 

Professeur agrégé de philosophie, ancien chargé de cours à l'université Pierre Mendès France, Pierre Cellier a travaillé une vingtaine d'années sur la question nazie. Il anime un site philosophique sur internet où figurent de nombreux articles. Éclectique, il a aussi travaillé sur le nominalisme, Plotin, les Stoïciens, Hegel et Lacan. Il soutient en tant que Vice-président la Société Alpine de Philosophie.

 

 

La Ballade de Léonore ou Les morts vont vite, Vernet, 1839

La Ballade de Léonore ou Les morts vont vite, Vernet, 1839

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Société alpine de philosophie - dans Cours publics
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