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22 septembre 2020 2 22 /09 /septembre /2020 09:53
Message de notre présidente, Anne Eyssidieux :
 
"Nous avons décidé de reporter l’édition 2020 des Rencontres Philosophiques d’Uriage sur le thème « Prisonniers du temps ? » qui aura donc lieu les 8-9-10 octobre 2021.
 
C'est à regret que nous avons dû prendre cette décision, mais la situation exceptionnelle que nous traversons et les nouvelles contraintes sanitaires qui s'imposent à nous ne nous permettent pas d’organiser un grand rassemblement public qui préserve la convivialité habituelle des Rencontres. Le département de l’Isère étant passé en rouge, l'annulation était quasiment inéluctable...
 
Mais ce n’est que partie remise et nous travaillons dès à présent à ce que l’édition 2021 soit une belle réussite !
 
Nous vous tiendrons informés de l'avancée du programme sur le site des Rencontres :
La SAP continue néanmoins ses activités et vous proposera très prochainement un cycle Ciné-Philo sur le thème de "La folie" ainsi que des conférences et présentations de livre qui pourront se tenir en live ou par visio-conférence sinon !"
 
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18 septembre 2020 5 18 /09 /septembre /2020 07:36

En marge des activités de la SAP, une manifestation organisée par notre ancien Président Thierry Ménissier.

Cher.es collègues,
cher.es étudiant.es,
Mesdames et Messieurs,
 
Nous avons le plaisir de vous inviter au séminaire Philosophie des techniques organisé dans le cadre de l'Institut Philosophique de Grenoble (IPhiG, Université Grenoble Alpes).
 
La première séance de la saison aura lieu mardi 22 septembre :
 
Céline Bonicco-Donato (ENSAG, Grenoble) interviendra sur
 
 
(à partir de son ouvrage Heidegger et la question de l'habiter. Une philosophie de l'architecture, Éditions Parenthèses, 2019).
 
Comme les conditions sanitaires le permettent, et dans le respect de celles-ci*, la séance a physiquement lieu sur le campus universitaire grenoblois à la Maison de la Création de l'Innovation (MaCI), salle 208, de 17 à 19 h. L'entrée est libre et gratuite.
 
Toutefois, il est possible de participer à la séance à distance par le biais de la plateforme Zoom : le lien et les identifiants de connexion sont donnés ci-après. Il n'y a pas besoin d'inscription numérique préalable, il suffit pour accéder à la conférence via une salle d'attente numérique qui vous est directement ouverte,de se connecter et de suivre les instructions portées à l'écran.
 
Nous serions heureux si vous diffusiez largement cette annonce aux personnes que vous savez intéressées par cette conférence, en particulier les étudiant.es et doctorant.es.
Vous remerciant de votre attention, très cordialement.
 
(* Espaces aérés aux maximum, port obligatoire du masque, respect d'une distance d'au moins un mètre entre les personnes.)
 
Pour information, les deux prochaines séances :
 
- 6 octobre : Bernadette Bensaude-Vincent (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, émérite) : "Temps des crises ou crise du temps"
 
- 10 novembre : Pierre Musso (Université Renne 2, honoraire et Professeur associé à Telecom Paris) : "Techno-imaginaire et religion industrielle" .
 
.


 

Thierry MENISSIER vous invite à une réunion Zoom planifiée.

Sujet : Séminaire Philosophie des techniques, IPhiG, 2020-2021.1
Heure : 22 sept. 2020 05:00 PM Paris

Participer à la réunion Zoom
https://grenoble-inp.zoom.us/j/96836608636

ID de réunion : 968 3660 8636
Code secret : 436321
Une seule touche sur l’appareil mobile
+33170372246,,96836608636#,,,,,,0#,,436321# France

Composez un numéro en fonction de votre emplacement
        +33 1 7037 2246 France
ID de réunion : 968 3660 8636
Code secret : 436321
Trouvez votre numéro local : https://grenoble-inp.zoom.us/u/aNPRwZFFG

Participer à l’aide d’un protocole SIP
96836608636@zoomcrc.com

Participer à l’aide d’un protocole H.323
162.255.37.11 (États-Unis (Ouest))
162.255.36.11 (États-Unis (Est))
213.19.144.110 (Amsterdam
 Pays-Bas)
213.244.140.110 (Allemagne)
Code secret : 436321
ID de réunion : 968 3660 8636

 

 

 

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27 juillet 2020 1 27 /07 /juillet /2020 11:00

Malgré l'épidémie, les Rencontres Philosophiques d'Uriage auront bien lieu Du Vendredi 9 au Dimanche 11 octobre 2020 (programme à venir) sur le thème :

 

« Prisonniers du temps ? »

 

Plus d'informations sur le site des RPU :

http://www.rencontres-philosophiques-uriage.fr/pages/theme-2019.html

 

La modernité se confond avec la vitesse et la vie moderne est en constante accélération. Jamais auparavant les moyens permettant de gagner du temps n’ont été aussi performants, grâce notamment aux moyens de transports et aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Et pourtant, jamais l’impression de manquer de temps n’a été si répandue, comme si nous n’étions plus maîtres de notre temps et de la manière d’en jouir. Il y a là un paradoxe étonnant : alors que l’accélération aurait dû libérer du temps et ralentir la pression temporelle, nous sommes en réalité pressés et accablés par la multiplicité des tâches. Dans toutes les sociétés occidentales, les individus souffrent du manque de temps et ont le sentiment de devoir courir toujours plus vite, de tout faire en urgence, non par pour accomplir plus de choses ou trouver une forme supérieure d’accomplissement, mais simplement pour pouvoir s’acquitter de leurs tâches et activités quotidiennes, parfois en pure perte. Pourquoi le temps nous échappe-t-il ainsi ? Comment comprendre cette nouvelle contrainte temporelle qui pèse sur l’individu et les sociétés ?

Qu’est-ce qui rend si pressé, si hors de lui, le lapin d’Alice au pays des merveilles ? L’urgence des instants qui se succèdent inlassablement en emportant ce que nous aspirions à être ? Ou la contrainte de la mesure par laquelle nous prétendons domestiquer le temps pour en faire un usage constructif et que la montre inséparable du lapin symbolise ? Ou les deux ? Mais alors il faudrait reconnaître que notre tentative de maîtrise du temps par la mesure quantitative est un échec tout à fait pernicieux : la mesure humaine ajoute à l’inexorable dépossession de soi la contrainte d’une construction orientée non par nous-mêmes mais par tel ou tel intérêt qui organise et finalise la durée. Ce fut longtemps le rythme de la nature avec ses saisons et ses terribles imprévus, ce fut longtemps aussi l’Église qui ordonne toute vie à une dimension éternelle, c’est aujourd’hui l’optimisation du profit qui prend la forme du culte de l’efficacité, de la rapidité, de l’indéfinie nouveauté et de la chasse aux « temps morts ».

Notre modernité ainsi trouve son illustration dans les exemples les plus spectaculaires de cette chasse aux temps morts. L’hyper taylorisation du travail actuel s’étend en effet peu à peu à tous les secteurs de la vie humaine : évoquons les arguments prétendument arithmétiques et d’un apparent bon sens enfantin avancés dans le débat français sur la « coûteuse » durée de la retraite ; évoquons les propositions « alléchantes » de découvrir le monde méditerranéen en 15 jours éclairés quotidiennement par les meilleurs spécialistes ou de faire en 10 jours sur les traces de Magellan le tour de la Terre de Feu ; évoquons aussi le régime d’urgence sous lequel nous vivons désormais, de l’hebdomadaire « alerte » météo au rappel de l’imminente catastrophe climatique, aussi lancinant que de peu d’effet ; évoquons enfin le désintérêt croissant pour la transmission, fût-elle simplement celle permise par l’éducation aux générations qui nous succèdent.

Chaque homme est peut-être un lapin de Lewis Carroll que la considération du temps interroge parce que la puissance de celui-ci est un défi, peut-être le défi premier de toute existence consciente d’elle-même : comment réussir à s’affirmer dans l’être, par quel usage du temps et selon quelles limites échapper à l’évanescence ? En cette recherche, que faire et que penser des mesures collectives qui, en prétendant homogénéiser et rendre consistant un monde pluriel, ne font, dans l’anxiété et souvent l’échec pour la plupart, que déposséder chacun de la seule chose qui lui soit impartie, une durée de vie ?

À l’horizon de ce questionnement initialement existentiel, la recherche sans doute métaphysique de l’être possible de l’homme comme du mode de réalité du temps lui-même. Il ne nous échappera pas cependant qu’elle entrelace l’interrogation morale portée par les vieilles sagesses antiques d’un côté – celle de la vie bonne - et de l’autre les exigences politiques d’une société accédant à l’autonomie terrestre – celles d’une appropriation commune des mesures du temps.

 
Rencontres Philosophiques d'Uriage 2020 - Affiche et présentation du thème
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26 mai 2020 2 26 /05 /mai /2020 18:39

Voici les instructions pour vous connecter à Zoom pour la conférence suivante :

Dans le cadre de « l’espace philo » et en collaboration avec l'IUAD Vercors, la Société Alpine de Philosophie vous propose la deuxième conférence à distance du cycle intitulé

« Au printemps, conférences dans un fauteuil… »

  Jeudi 28 mai à 17h30
 
« Peut-on expliquer l'existence du mal ? »

par Thomas VIDART Professeur agrégé de philosophie.

 





 

Comment participer ?

1 - Cliquer sur le lien suivant pour vous inscrire comme participant (inscription gratuite, nombre limité, ne pas tarder) :

https://us02web.zoom.us/webinar/register/WN_KnsChDM5QZuNe0H1Q6BMQg


2 - remplir tous les champs du questionnaire et cliquer sur s'inscrire

 
3 - Un message de confirmation est envoyé à l'adresse que vous avez indiquée dans le formulaire.
Ce message indique comment participer à la réunion à partir d'un PC, Mac, iPad, iPhone ou appareil Android.
 
4 - Le jour J, le 28 Mai un peu avant 17h30, Il suffira de  cliquer sur "Cliquez ici pour participer" (Remarque : Ce lien ne doit pas être partagé ; il vous est réservé.)
Il vous sera demandé d'installer un programme : pour cela suivre les instructions.
Noter bien le mot de passe qui pourra vous être demandé.
 
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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 14:35

Voici les instructions pour vous connecter à Zoom pour la conférence suivante :

 

 

jeudi 14 mai à 17h30 - Comment penser le bonheur avec Aristote ?

conférence proposée par Evelyne Buissière,  professeur de philosophie en classes préparatoires littéraires au lycée Champollion

Comment participer à cette conférence ?

 
1 - Cliquer sur le lien suivant pour vous inscrire comme participant :
 S.V.P ne faites qu'une seule inscription par famille pour permettre au plus grand nombre d'accéder à la conférence !

https://us02web.zoom.us/webinar/register/8515892932024/WN_l_pG3DK_R2GuLjnVejrxgw

Vos serez  dirigé sur la page d’inscription au webinaire* correspondant.
2 - remplir tous les champs du questionnaire :
et cliquer sur s'inscrire
 
3 - Un message de confirmation est envoyé à l'adresse que vous avez indiquée dans le formulaire.
Ce message indique comment participer à la réunion à partir d'un PC, Mac, iPad, iPhone ou appareil Android.
 
4 - Le jour J, le 14 Mai un peu avant 17h30, Il suffira de  cliquer sur "Cliquez ici pour participer" (Remarque : Ce lien ne doit pas être partagé ; il vous est réservé.)
Il vous sera demandé d'installer un programme : pour cela suivre les instructions.
Noter bien le mot de passe qui pourra vous être demandé.
 
   * un webinaire désigne toutes les formes de réunions interactives de type séminaire faites via internet généralement dans un but de travail collaboratif ou d'enseignement à distance. Il associe généralement des outils permettant l'interaction distante et le partage entre le conférencier et ceux qui l'écoutent et veulent l'interroger (questions/réponses)
 
 

 

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9 mai 2020 6 09 /05 /mai /2020 11:55

La Société Alpine de Philosophie a le plaisir de vous proposer une série de visio-conférences  en partenariat avec l’IUAD- antenne Vercors dans le cadre du nouvel "espace philo" inauguré cet hiver.  Pour suivre la conférence en direct, il est nécessaire de charger Zoom (version normale, vous la trouverez gratuitement sur internet), nous vous enverrons le lien (lien spécifique pour ces conférences) pour vous connecter tranquillement via zoom chez vous !

  • jeudi 14 mai à 17h30- Comment penser le bonheur avec Aristote ?

conférence proposée par Evelyne Buissière,  professeuse de philosophie en classes préparatoires littéraires au lycée Champollion

 

 

  • jeudi 28 mai à 17h30- Peut-on expliquer l'existence du mal ?

        conférence proposée par Thomas Vidart, professeur de philosophie en classes préparatoires littéraires au lycée Champollion

 

En cette période inédite autant qu'étrange où le cours de nos vies ordinaires est comme suspendu, philosopher nous est essentiel !

 

 

Visioconférences dans un fauteuil !
Visioconférences dans un fauteuil !
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5 mai 2020 2 05 /05 /mai /2020 17:42

Vous l'avez attendu et vous n'allez pas être déçu.e !

Il a été choisi avant cette période de confinement et se révèle d'une incroyable actualité !

Le thème des prochaines Rencontres Philosophiques d'Uriage est :

 

Prisonniers du Temps ?
 
 
La modernité se confond avec la vitesse et la vie moderne est en constante accélération. Jamais auparavant les moyens permettant de gagner du temps n’ont été aussi performants, grâce notamment aux moyens de transports et aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Et pourtant, jamais l’impression de manquer de temps n’a été si répandue, comme si nous n’étions plus maîtres de notre temps et de la manière d’en jouir. Il y a là un paradoxe étonnant : alors que l’accélération aurait dû libérer du temps et ralentir la pression temporelle, nous sommes en réalité pressés et accablés par la multiplicité des tâches. Dans toutes les sociétés occidentales, les individus souffrent du manque de temps et ont le sentiment de devoir courir toujours plus vite, de tout faire en urgence, non par pour accomplir plus de choses ou trouver une forme supérieure d’accomplissement, mais simplement pour pouvoir s’acquitter de leurs tâches et activités quotidiennes, parfois en pure perte. Pourquoi le temps nous échappe-t-il ainsi ? Comment comprendre cette nouvelle contrainte temporelle qui pèse sur l’individu et les sociétés ?
En cette période critique qui suspend le cours ordinaire de la vie, méditer et philosopher sur le temps s'avère plus que nécessaire !
Rencontres Philosophiques d'Uriage - Thème
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27 mars 2020 5 27 /03 /mars /2020 10:28

Pour continuer à philosopher en période de confinement !

De la part de notre Présidente Anne Eyssidieux-Vaissermann !

  • Notre partenaire la Cinémathèque de Grenoble propose des ateliers en ligne gratuits pendant cette période de confinement. Ainsi que le festival ojo loco du cinéma ibérique et latino américain accessible en ligne !... Toutes les infos sur le site

https://www.cinemathequedegrenoble.fr

-https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/29/coronavirus-la-pandemie-demande-que-nous-re-definissions-un-contrat-naturel-et-social-entre-l-homme-et-la-nature_6034804_3232.html

  • De très nombreux éditeurs universitaires ont répondu favorablement à la demande de la plate-forme OpenEdition de rendre les versions numériques des ouvrages à leur catalogue librement téléchargeables. Vous en trouverez la liste ici: https://leo.hypotheses.org/16941
  • Des articles de la revue Esprit en accès libre !

https://esprit.presse.fr/actualites/esprit/covid-19-nos-articles-en-acces-libre-42671

 
  • France musique propose tous les dimanches, en direct ou en différé, un opéra diffusé dans son intégralité depuis les plus grandes salles de France et du monde

          https://www.francemusique.fr/emissions/dimanche-a-l-opera

c'est l'occasion de relire les philosophes  antiques comme Sénèque, De la brièveté de la vie,   une belle réflexion sur le temps qui passe et le fait qu'on le gaspille souvent alors qu'il est si précieux

https://1000-idees-de-culture-generale.fr/brievete-de-la-vie-seneque/

  • François Cheng, Cinq méditations sur la beauté, texte magnifique sur la beauté du monde, de la nature à laquelle nous ne sommes pas assez attentifs

https://www.albin-michel.fr/ouvrages/cinq-meditations-sur-la-beaute-9782226400420

  • Hartmut Rosa, Résonances,  qui réfléchit sur le moyen de retrouver un rapport au monde plus apaisé et de nous réapproprier le temps qui nous échappe...

https://editionsladecouverte.fr/catalogue/index-R__sonance-9782707193162.html


 

 
 

La chaîne YouTube « Philosopher en temps d’épidémie » existe depuis une semaine, a mis en ligne dix vidéos et a été vue 18500 fois (1300 h. de visionnage, 680 abonnés). Elle continue au rythme d’une vidéo au minimum par jour, avec des intervenant.e.s qui de plus en plus viendront (sans bouger de chez eux) du monde entier.   

Pour la découvrir, il suffit de cliquer sur la photo ci-dessus. On peut s’abonner en un clic, et un autre clic sur la fameuse petite cloche qui apparaît alors permet d' être informé.e des nouvelles mises en ligne.

 

 

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22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 12:47

Par Léo Marignane, étudiant en philosophie à l'Université Grenoble Alpes

 

La séance a été présentée par Guillaume Bourgois, Maître de conférences en études cinématographiques et Thomas Boccon-Gibod Maître de conférences en philosophie.

 

Lundi 9 mars au soir, soit un peu plus d’une semaine avant que toute manifestation culturelle soit rendue impossible en raison des mesures contre la propagation du virus Covid-19, nous assistions à la dernière séance du premier cycle de ciné-philo de Grenoble consacré au pouvoir. Et quelle clôture pour ce thème ! On projetait Vincere de Marco Bellocchio, une fresque historique et biographique sur l’Italie fasciste et son leader Benito Mussolini. Il était donc question du pouvoir dans ce qu’il peut avoir de plus total et monstrueux, de l’apparition et de l’amplification d’un phénomène politique extrême. Par son thème, Vincere devait nous mettre en face à face avec les pires années de l’Italie et un personnage aussi détestable que le Duce. Et aussi surprenant que cela puisse paraître le pari fut relevé, mais d’une manière absolument inattendue. A aucun moment nous n’avons vu un documentaire sur l’Italie fasciste pourtant nous ne l’avons pas quittée des yeux. A aucun moment non plus nous n’avons regardé un « biopic » sur Mussolini pourtant il est d’une certaine manière le personnage central du film. Comment Bellocchio a-t-il réalisé ce tour de force ? C’est que, selon une recette qu’il maîtrise à la perfection, le réalisateur déniche ses entrées dans les coulisses de la grande Histoire depuis lesquelles il nous offre ainsi un point de vue unique sur cette dernière. Alors, le dispositif classique selon lequel on observe les grands évènements, ceux des grands personnages, qui ont lieu aux grandes dates, se brise et laisse voir toutes les zones d’ombre que la perspective historique commune dissimulait. Le cas d’Ida Dalser qui fut la maîtresse du Duce et dont il est spécifiquement question dans ce film représente alors un angle d’attaque parfait pour la méthode Bellocchio. En effet Ida Dalser est une « coulisse » du dictateur. Ce qui est manifeste d’une part dans le fait qu’il a tout fait pour étouffer l’existence de sa maîtresse et celle de son fils illégitime. Ses manœuvres ont si bien fonctionnées que ce n’est qu’au milieu des années 2000 que l’opinion publique italienne se passionne pour l’affaire, soit près de 70 ans après la mort d’Ida. L’effet coulisse est également manifeste au regard de ce que nous apprend la vie d’Ida Dalser de la montée du fascisme en Italie et de son acteur principal : Benito Mussolini. C’est justement le sujet de notre film.

Qu’apprenons-nous donc d’inédit de la grande Histoire à partir de la petite ? D’abord que les acteurs de cette grande Histoire, les grands hommes, sont (aussi) des êtres ordinaires qui tissent des relations humaines comme nous tous et sont au moins autant susceptibles d’actes honteux. Par le portrait d’Ida Dalser seulement on découvre un Mussolini successivement charmeur mais distant, vénéré mais faux, soudain doux puis traitre, enfin fuyant et silencieux au moment même où il est politiquement le plus fort et où il vocifère dans ses discours. Ce portrait intime du Duce explique la fulgurance de son succès politique. C’est un homme dont les qualités préfigurent la forme que prendra sa carrière politique. C’est une bête de scène qui exerce sur tous (intellectuels, femmes, foules, bonnes sœurs …) une fascination, une séduction. Il sait jouer avec une dextérité terrible sur les passions chaque fois différentes de son auditoire selon son objectif. Aussi de la personnalité du Duce on peut tirer une conclusion générale : dans ce que le fascisme a de monstrueux il y a au sens minimal la monstration à l’excès.  Dans le cadre politique fasciste tout passe par la mise en scène, si bien qu’on a pu parler à son propos d’une maladie des images. Cette mise en scène de la politique fasciste prend alors des aspects burlesques que dans le film son fils illégitime n’hésitera pas à singer. Cette suggestion discrète du film selon laquelle le fascisme pourrait être une farce fait en réalité écho a une prédiction de Marx selon laquelle l’histoire se répète toujours deux fois. La première fois sous la forme d’une tragédie, la seconde sous la forme d’une farce. Reste à savoir si l’Italie fasciste relevait d’une pure tragédie ou d’une farce d’empire romain. Manifestement, Vincere nous livre une réflexion sur la représentation. Cela en un sens large dans la mesure où cette réflexion intègre à la fois l’histoire comme représentation des évènements et le cinéma comme représentation du réel. On notera les nombreuses références à l’histoire du cinéma qui apparaissent au cours du film à titre de citations. Mais c’est sur la responsabilité des images et plus largement des représentations que Bellocchio porte le regard. Les images et les techniques qui ont permis leur diffusion ont leur part de responsabilité dans la mise en place d’une forme politique comme celle du fascisme.

Revenons-en à Ida Dalser. Outre son statut de double victime, celle du fascisme et celle de Mussolini, elle représente également une figure de résistance. Face à un homme de plus en plus puissant et qui ne reconnait ni elle ni leur enfant, elle ne se tait pas. Avec persévérance elle mène sans cesse ses démarches, même depuis l’asile où Mussolini la fera enfermer en espérant avoir ainsi la paix. Et ce silence, cette impossibilité de répondre à celle qui l’interroge représente un aveu d’impuissance de la part d’un pouvoir fasciste. L’injustifiable, la honte manifeste dans la tentative du Duce pour faire oublier Ida et son fils, est ici le signe de l’immoralité de sa conduite.

Enfin, il faut souligner l’apparition d’un lieu iconique à la fois du cinéma, de la philosophie politique et de l’exercice du pouvoir : l’asile. Durant toute la dernière partie du film et de sa vie, Ida Dalser sera internée en raison de son acharnement à se faire reconnaître comme épouse légitime de l’homme fort du pays. De la part du pouvoir politique, l’enfermement en asile permet à la fois de museler le discours de « l’aliénée » et de le décrédibiliser comme relevant de la folie. Pourtant s’il faut assigner la folie et l’incohérence ce n’est pas vraiment Ida Dalser que le spectateur aurait tendance à qualifier ainsi. En témoigne, le « test » de santé mentale qu’on fait passer à Ida pour légitimer son éventuelle sortie et dont les examinateurs sont d’une absurdité folle. Cet instrument de pouvoir qu’est l’asile dans les mains du pouvoir fasciste se révèle en fait être un microcosme de la société fasciste dans son ensemble. Sous la chape du plomb de la logique disciplinaire à l’œuvre dans l’institution du sanatorium on découvre tout le panel des stratégies d’actions possibles incarnées par les différents personnages. Si Ida oppose plutôt frontale à l’institution, une autre « aliénée » feint la pure folie en dansant sans cesse pour s’enfuir quand elle en a l’occasion. Sa danse a été pour elle à la fois un agréable passe-temps, un masque lui donnant de la tranquillité et l’entrainement physique requis en vue d’une fuite. A la direction de l’asile on trouve la mère supérieure qui sous des apparences douces et charitables répondra à la déchirante supplique d’Ida de retrouver son fils par un refus souriant. C’est la raison qui se trouve travestie par les mots du pouvoir. Enfin notre portrait de ce petit monde fasciste serait incomplet si nous n’abordions pas la figure singulière du psychiatre. Comme l’indique sa première apparition dans le film dans une ambiance d’opéra il incarne la résistance subtile par le mensonge, le détournement patient. C’est lui qui conseille à Ida de feindre l’apaisement, de jouer le rôle de la parfaite ménagère fasciste obéissante afin que ce comportement purement apparent serve ses intérêts. Ce n’est pas la voie qu’Ida choisira et cela la conduira à sa perte.

Compte-rendu - cinéphilo - Film Vincere
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21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 12:10

Suite au confinement que nous vivons actuellement du fait du Covid 19, nous vous annonçons bien évidemment le report de la série de cours publics sur le thème Que faire de nos désirs ? prévus les 25 mars et le 8 avril à une date ultérieure.

Nous ajournons également la conférence de Thomas Vidart « Peut-on expliquer l'existence du mal ? » prévue le vendredi 3 avril  
dans le cadre de « L’espace philo » crée en partenariat avec l’IUAD, antenne Vercors à Villard de Lans

Nous vous communiquerons ultérieurement les dates de report.
 

Nous allons en attendant vous proposer des activités et lectures sur le blog de la SAP !

 

En espérant tous et toutes vous revoir en bonne santé.


Prenez soin de vous et de vos proches.

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